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Agence web et communication, Includers a une particularité, celle d’embaucher uniquement des professionnels porteurs de handicap. Un pied de nez qui surfe sur la loi de 2005. 

Comment est venue l’idée d’Includers ?
Pendant ma seconde année de master 2 lors de mon alternance où j’avais l’impression que ça n’allait pas dans mon sens, de la façon dont j’aurais souhaité faire avancer les choses. Le seul moyen de faire comme je l’entendais c’était de créer ma propre agence. Je n’avais pas envi de travailler en freelance car j’aime l’esprit d’équipe, fédérer autour d’un projet. Includers s’est monté comme ça en juin 2019. L’aspect handicap est venu dans un second temps. Etant moi-même handicapé, j’ai connu toute ma scolarité, et durant toute ma vie, énormément de barrières et d’obstacles supplémentaires dûs à ma condition. J’ai voulu être en capacité d’éviter toutes les embûches que j’ai connues à d’autres et les aider à passer ses étapes. Aujourd’hui 80 à 90% des personnes handicapées ont un niveau d’étude inférieur au bac. Pour s’intégrer c’est très compliqué. La seule possibilité ce sont les diplômes avec des compétences spécifiques. C’est pourquoi nous avons signé un partenariat avec le groupe Mediaschool pour proposer un volet formation au sein d’Includers. La loi sur le handicap de 2005 oblige les boîtes de plus de 20 salariés à embaucher 6% de personnes handicapées dans leur effectif global. Si elles ne respectent pas cette directive, elles sont soumises à une contribution qui peut représenter 15 à 20.000€ par an. Contribution qui est minorée si elles emploient ou sous-traitent à des personnes handicapées. L’idée de l’agence web qui embauche uniquement des personnes handicapées est venue de ce raisonnement.
L’objectif est de créer un cercle vertueux, formation, production comme une agence classique et en conformité avec la loi. Cela montre que les handicapés sont capables de travailler, et de bien travailler et derrière si ils le souhaitent de s’insérer dans le milieu dit ordinaire et par extension dans la société. Nous sommes une entreprise tampon dans l’acculturation au monde du handicap dans les métiers du web et de la communication.

Vous en êtes où actuellement ?
A la phase de développement, à la fois commercial et dans la structuration, nous attendons l’agrément « entreprise adaptée ». Cet agrément va permettre un engagement avec l’état et une assise financière qui donne accès à des subventions et des aides à l’embauche.

Tu as créé cette boîte à Nice comment te sens-tu dans l’écosystème ?
J’avais un peu peur de l’image de l’écosystème, de l’entrepreneur. J’avais l’image de quelque chose de clos où les entrepreneurs faisaient les choses entre-eux et pour eux. J’ai découvert via Nice Start(s) Up une ouverture et un accompagnement. Aujourd’hui, je me sens de plus en plus entrepreneur dans cet écosystème et j’ai beaucoup moins de craintes à aller rencontrer et échanger avec d’autres. Nice Start(s) Up c’est une belle carte de visite, c’est un plus d’être membre de cette association, cela me donne une crédibilité supplémentaire. Au sein du collectif, il y a beaucoup d’entrepreneurs accomplis, des boîtes qui ont réussi et cela sert une jeune boîte comme la mienne. Cela ouvre des perspectives entre gens qui vont dans le même sens. Je doutais de cela et finalement l’accueil est chaleureux et bénéfique. Les échanges ont été profitables que cela soit lors du Digital In Pulse avec Huawei ou encore lors de la réunion de rentrée où j’ai rencontré des membres ouverts et qui ont envie de partager de manière constructive. Dans l’échange et la bonne humeur avec une approche très sérieuse.

Comment l’écosystème peut t’aider aujourd’hui ?
J’aimerais avoir des bureaux à Notre-Dame. Pour mon développement cela serait idéal cela me permettrait de continuer à bénéficier de cet univers dans lequel je me sens à l’aise. C’est aussi être au coeur des différents dispositifs que Nice Start(s) Up diffuse. Avec le réseau et ses partenariats c’est aussi plus facile pour trouver un cabinet d’avocats, un expert comptable… On ne pense pas à cela quand on lance un projet. Nice Start(s) Up c’est un peu devenu ma famille professionnelle. Il y a des entreprises de secteurs différents, des entrepreneurs très expérimentés et des débutants et tout le monde échange librement, partage pour me faire avancer dans le projet. C’est un mix entre détente et business qui fait tomber les barrières. Il n’y a pas de donneurs de leçon, juste du partage. 

Propos recueillis auprès de Pierre-Jean Letorey Fondateur de Includers