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En 2020, on ne change rien, enfin du côté des bons basiques ! C’est la reprise des interviews de la semaine. Chaque mardi on retrouve une entreprise membre de Nice Start(s) Up qui nous explique son activité, son avancement dans son développement.

Pour inaugurer 2020, on démarre avec Fairvision, qui transforme les données vidéo du football en outil de suivi de performance du joueur et du jeu. 

Comment est née l’idée de FairVision ?
Elle est partie d’un exercice académique lorsque j’étais à Paris, à l’école polytechnique. On devait proposer à un jury une idée de business. A la même période, il y avait des polémiques sur l’arbitrage dans le football et les relations aux arbitres, régulièrement conspués et démunis face aux phénomènes agressifs. Parallèlement est arrivée l’assistance vidéo pour les arbitres. On a réfléchi à comment la haute technologique pouvait servir aux arbitres les plus nombreux, ceux du football amateur. Après une analyse stratégique du marché et de toutes les techno qui existaient, on a défini la technologie que nous voulions développer autour du machine learning et de l’intelligence artificielle.  L’idée est de faire de la captation vidéo et ensuite, grâce aux algorithmes de reconnaissance, détecter la place des joueurs sur le terrain et de cette position, et par rapport au ballon, indiquer si le joueur est hors-jeu par exemple. Cela donne aux arbitres des informations, c’est une aide à l’arbitrage. C’était notre idée de départ. Ensuite nous avons testé notre offre sur le marché, on a ressenti plusieurs freins et notamment autour de la contre-verse  sur la vidéo chez les pros.
Or notre solution offre aussi et surtout la possibilité de tracer les performances d’un joueur. Son nombre de passes, sa vitesse… Il connait ainsi ses performances, sur le jeu, ses attaques, ses replis défensifs, le suivi des consignes du coach… énormément d’informations qui vont intéresser le joueur lui-même.
De fil en aiguille, on a pivoté sur notre proposition de valeurs. On a gardé toute la partie vision de notre système. On traite l’image vidéo, on fait de la reconnaissance de joueurs, d’objets et à partir de la transposition en données géographiques, on arrive exactement à savoir comment sont positionnés les joueurs sur une phase de but, à un moment données et toutes autres informations liées au jeu. On offre la vidéo aux amateurs, des données statistiques collectives pour évaluer le fonctionnement de l’équipe et la performance de chacun des joueurs. Ce sont greffées les commissions de discipline qui ont besoin d’images. D’un outil qui devait soutenir uniquement le corps arbitral, on a exploité l’outil de façon plus poussée.

Où en êtes-vous de vos développements ?
Ce n’est pas encore commercialisé, nous le ferons lorsque nous serons satisfaits de notre niveau de performance. Il y a une forte appétence pour le produit. On ne veut surtout pas commercialiser un produit que l’on ne juge pas assez mature. On a un terrain équipé qui nous sert de pilote. Nous voulons une solution simple à déployer, avec des caméras à énergie solaire avec l’idée d’une installation facilitée.

L’entreprise a été créée à Nice, comment vous sentez-vous dans l’écosystème ?
On a été incroyablement surpris par la richesse de l’écosystème locale en terme de start-ups dans le milieu du sport, My Coach étant l’exemple à suivre. Avant même My Coach, il y a plus de 15 ans, d’autres entreprises du sport étaient déjà installées à Nice. Rien pour que la gestion des données dans le foot, Nice est une terre exceptionnelle de développement. Je suis Niçois, né à Nice, l’idée était de créer à partir d’ici et le terrain était propice aux développements de solutions sportives. 

De quoi auriez-vous besoin aujourd’hui pour avancer dans vos développements ?
Nous sommes accompagnés par le CEEI. Nous avons un premier stade pilote et nous souhaitons ensuite équiper tous les stades du département et réfléchir avec la fédération et la Ligue pour déployer notre solution. Commencer petit à petit pour progresser. 

Propos recueillis auprès de Jean-Michel Felderhoff, Président de Fairvision.