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Tout juste lauréate du prix i-lab, qui récompense l’innovation, Exactcure est prête à lancer ses premiers pilotes de jumeaux numériques.

Par rapport au projet de départ où en êtes-vous ?
On a gardé notre direction initiale que l’on a enrichie. Nous sommes 11 temps plein sur le projet. On vient de remporter le prix i-Lab remis par la ministre de la recherche Frédérique Vidal. Avec ce prix nous allons embaucher pour renforcer notre équipe de R&D sur la fin de l’année et le début de l’année prochaine et staffer notre équipe commerciale.
Au niveau produit, on en est au stade des pilotes avec des patients avec le CHU de Nice, des associations de patients. Un pilote en déploiement dans l’arrière-pays niçois et à Cordoue en Espagne. Un autre avec l’USPO un syndicat de pharmaciens et un syndicat de médecins. On va tester le produit dans les mains des patients. Nous visons une version disponible pour une maladie chronique donnée, les rhumatismes inflammatoires chroniques, fin 2019.
Nous allons doter les patients d’une application qui va permettre de vérifier, de surveiller les effets des médicaments dans leur corps pour éviter les sous-doses, les surdoses et les interactions médicamenteuses.
Une autre piste apparue lors de discussions avec les prospects, est celle d’une utilisation ponctuelle de nos simulations. Par exemple, lorsqu’un médecin de ville ou d’hôpital ou encore un pharmacien a face à lui un patient, et souhaite réaliser une simulation ponctuelle. 

Qui sont tes clients ?
On a deux business model à la fois BtoB et BtoC. Notre utilisateur final est le patient d’une part et le professionnel de santé d’autre part. En mode BtoB, celui qui paye, c’est le laboratoire pharmaceutique ou l’assurance santé. En BtoC, certains malades chroniques auront accès à l’application en mode freemium. Sur les utilisations ponctuelles, notre client c’est l’entreprise dont le client est l’hôpital, le pharmacien ou le médecin. 

Qui paramètre le jumeau numérique ? 
Les médecins et les pharmaciens. Le patients pourront créer leur profil avec quelques questions précises puis ensuite le professionnel de santé validera l’information. Une fois cela fait le patient sélectionne les médicaments pris au quotidien. 

Quel service rends-tu à tes clients ?
Nous le confortons dans l’idée de base que ses doses de médicaments ne le mettent pas en sous-dose, en sur-dose ou en interaction médicamenteuse. Tu es dans une routine quotidienne, toutefois dans ta vie, il se passe des évènements ponctuels. Tu peux oublier ton traitement, tu as une migraine et tu veux prendre un paracétamol, est-ce que cela interagi avec ton traitement de fond ? Ton boss vient de t’énerver et tu veux aller courir dans la forêt mais tu es hémophile, tu te fais une surdose. Combien de temps as-tu devant toi sans risque ? Ce sont ces scénarios ponctuels dans la vie du patient que l’on veut aider. Par ailleurs, sur des maladies où le patient a des actions intrusives, se piquer pour mesurer par exemple, on va pouvoir espacer ces actes en réalisant une simulation plutôt qu’une mesure. 

Et pour les laboratoires et les professionnels de santé ?
Pour le professionnel de santé cela lui apporte de la précision et d’être plus didactique avec son patient. Quand un professionnel réalise sa simulation il est rassuré dans son acte avec un outil qui lui génére des scénarios et cette simulation va servir de base pour expliquer le traitement à son patient.
Pour le laboratoire pharmaceutique, lors des tests avant mise sur le marché d’une molécule. On l’aide dans le suivi des cohortes de patients testés. Cela réduit ses coûts, augmente ses chances de mise sur le marché. D’autre part, une fois le produit sur le marché, il peut compléter son médicament par un compagnon numérique. Le patient achète son médicament et repart en plus, avec un compagnon qui l’aide à mieux utiliser le produit. Pour les laboratoires c’est important, cela leur permet de récolter des données de vie réelle et être dans la pharmaco-vigilance.

Vous vous sentez bien dans l’écosystème Niçois ?
Oui il y a plein d’acteurs qui nous aident, c’est très dynamique notamment en terme de visibilité  mais aussi au quotidien pour partager les problématiques qui sont communes à tous les entrepreneurs. Il y a Nice Start(s) Up et la French Tech Côte d’Azur, le CEEI qui nous héberge, l’incubateur PACA-Est qui nous a beaucoup aidés. Tous ces gens organisent des évènements qui créent du lien, des articles de presse repris au national qui donnent de la légitimité et de la visibilité. Les labels nous aident aussi pour la crédibilité. On est fiers d’être une des start-ups de cet écosystème dynamique !

Propos recueillis auprès de Fabien Astic co-fondateur et directeur commercial d’Exactcure